Dieu et la Science

Pour commencer notre investigation … un extrait de l’approche de Trinh Xuang Thuan … Auteur de « La mélodie secrète », « Le cosmos et le lotus » et « Face à l’univers » …

Trinh_X_Thuan-1Ici … Dieu et le Bouddhisme ….

« A l’inverse des religions monothéistes, le bouddhisme n’inclut pas la nation d’un Dieu créateur de l’Univers.

Il considère que les propriétés de l’univers n’ont nul besoin d’être réglées pour que la vie et la conscience n’apparaissent. Il nie, donc, l’existence d’un principe anthropomorphique. Selon lui, les flots de consciences et l’univers matériel coexistent depuis toujours dans un univers sans début. Leur ajustement mutuel et leur interdépendance sont la condition même de leur co-existence.

J’admets, pour la part, que le concept d’indépendance puisse rendre compte du réglage de l’univers, assez précis, pour lui permettre d’héberger des êtres conscients. Mais il est moins évident que ce concept puisse répondre à la question existentielle de Leibnitz : « Pourquoi y a-t ’il quelque chose plutôt que rien ? Car rien n’est plus simple et plus facile que quelque chose !!! »

L’optique Bouddhique soulève d’autres questions. S’il n’y a pas de créateur, l’univers ne peut avoir été créé. Il n’a donc ni commencement ni fin. C’est donc un univers cyclique, avec une série sans fin de « Big Bang » et de «Big crunches ». Scientifiquement, la fait que l’univers va un jour s’effondrer sur lui-même, donnant lieu à un big crunch, est loin d’être établi. Les dernières observations astronomiques semblent indiquer un univers en accélération, avec un espace à courbure nulle (univers plat), dont l’expansion ne s’arrêterait qu’après un temps infini, ce qui semblerait, en l’état actuel de nos connaissances, exclure un univers cyclique.

Mais la nature de l’énergie noire, responsable de l’accélération universelle, reste mystérieuse et certains scénarios s’univers cycliques ne sont pas exclus !!!

Pour ce qui est du concept de « flots de conscience » coexistant avec l’univers dès les premières fractions de seconde du Big Bang, la science est encore très loin de pouvoir vérifier un infirmer une pareille hypothèse. Rien n’est certain, car la science est à cent lieues de pouvoir comprendre l’origine de la conscience. Pourquoi nous aimons, nous haïssons ou nous créons ?.

Les questions que se pose le cosmologue sont étroitement proche des celles qui préoccupent le théologie : Comment l’univers a-t’il été créé ? Existe-t’il un début des temps du temps et de l’Espace ? y aura-t’il une fin ? D’où vient-il et où va-t-il ? Un principe créateur a-t’ il réglé l’harmonie du monde ?

Le domaine des traditions spirituelles n’appartiennent plus aujourd’hui exclusivement au religieux, il est, aussi, celui du scientifique. En accumulant les découvertes, la science bouleverse les perspective.  Une des propositions les plus utilisées pour démontrer l’existence de « Dieu » est l’argument dit « Cosmologique » invoqué par Platon, Aristote, Saint Thomas d’Aquin et Kant : Tout à une cause. Il ne peut y avoir une chaine infinie de causes. Celle-ci doit nécessairement s’arrêter à une cause première … qui est « Dieu ». Cet argument repose sur le concept occidental de « temps linéaire ». Mais le Temps peut être non-linéaire. Dans certaines philosophies et religions orientales, tel le Bouddhisme, le temps n’est plus linéaire, mais Cyclique. « A » cause « B » … lequel cause « C » … lequel cause « A ». …..

Même dans le cas d’un temps linéaire, la mécanique quantique a remis en question l’affirmation selon laquelle « toute chose a une cause ». Avec son fameux « principe d’incertitude », Werner Heisenberg a démontré en 1927 que l’incertitude et le flou sont inhérents au monde subatomique. Des Physiciens, tel le Russe Andreï Linde pensent que l’univers a pu théoriquement surgir spontanément du vide, sans cause première, par la grâce d’une fluctuation quantique. Au temps de Planck (10 puissance -43 seconde) l’univers n’avait qu’un taille de 10 puissance -43 cm, soit un 10 millions de milliards de fois moins qu’un atome. Une fois qu’il est né d’une fluctuation quantique, l’inflation le gonfle exponentiellement dans ses premières fractions de seconde. Cette description de la création de l’univers ressemble étrangement à la création ex nihilo évoquée dans nombre de religions. La grande différence est que l’apparition de l’univers, par la magie du flou quantique, ne semble plus nécessiter une cause première ni l’existence d’un « Dieu ». Son émergence peut s’expliquer, dès lors, par un processus purement physique.

Cependant, nous ne pouvons accepter que l’univers soit vide de sens. Tant d’organisation ne saurait être le fruit du peu hasard, un principe organisateur doit préexister. Ce faisant, nous reprenons un des arguments favoris des théologiens. Ainsi l’évêque anglais Wiliam Paley (1743-1805) écrivait : « si, en me promenant, je me butte contre une pierre, je ne m’interrogerais pas sur l’origine de la pierre. Elle aurait pu être là depuis des siècles. Mais si je tombe sur une montre, gisant sur le sol, je me dirai qu’elle est l’œuvre d’un horloger !!! » Voltaire (1694-1778) se demandait si l’ordre de l’univers peut nous faire croire à un « Grand Architecte » … « l’univers m’embarrasse et je puis songer que cette horloge existe et n’ait point d’Horloger »

Malheureusement la science de la complexité (Voir mon ouvrage le Chaos et l’Harmonie) n’est pas tout à fait en accord avec un tel raisonnement. Elle nous dit que des systèmes très complexes peuvent être le résultat d’une évolution tout à fait naturelle selon les lois physiques et biologiques bien comprises … Complexité n’entraine pas nécessairement créateur et projet » …

»

Méditer c’est prendre de la distance … Méditer c’est approcher de la réalité des choses ….. ainsi faut-il se connaitre pour aborder cette conscience sans projection personnelle …. à ce sujet une petite conversation avec Mathie Ricard est fort instructive … (Reflesion sur la conscience)

 

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